Régulièrement, Francis prend des vacances dans la région d’Agadir où il possède un appartement. Seulement, ce sexagénaire originaire de Soultz y est aujourd’hui bloqué. « Nous devions rentrer samedi soir mais notre vol Transavia a été annulé. Cela faisait suite à la fermeture de l’espace aérien. La compagnie a remis des vols en place, mais beaucoup plus chers (200 à 300 € au lieu de 60) et tous n’ont pas été assurés », raconte-t-il.

Et puis il y a eu le discours d’Emmanuel Macron, lundi soir. « Le président disait que nous serions rapatriés et que nous devions nous rendre au consulat. » Seulement, le lendemain, des centaines de touristes trouvent porte close au consulat d’Agadir. Autour de lui, certains tentent d’appeler le consulat de Marrakech pour s’entendre dire que « chacun doit se débrouiller ». Difficile d’obtenir plus de renseignements : Marrakech est à 250 km au nord.

Le dernier vol au départ d’Agadir devait partir ce jeudi soir. « Nous n’avons pas pu trouver de place à bord », indique Francis, qui se retrouve comme quelque 400 touristes coincés au Maroc. « On a le sentiment d’être abandonnés par la France ! », s’agace-t-il d’autant plus que les Belges, les Anglais, les Allemands, eux, ont été rapatriés…

« Pas de retour avant mai ou juin »

Aujourd’hui, à Agadir comme en France, l’heure est au confinement. « Les hôtels ferment, les gens ne savent plus où aller. Certains touristes ont déjà passé une ou deux nuits à l’aéroport. Le seul message que nous avons reçu du consulat, c’est de demander de l’aide à nos familles si nous manquons d’argent… » Ce qui n’est pas le cas de Francis. « Je ne sais pas quand nous allons pouvoir rentrer. Si aucun rapatriement n’est organisé, ce ne sera sûrement pas avant le mois de mai ou juin. Dans mon cas, ce n’est pas trop grave parce que j’ai un logement, mais mon épouse doit reprendre le travail lundi… » Il craint aussi le coronavirus : « Les hôpitaux, ici, ce n’est pas comme en France… » Comme d’autres touristes, il en appelle au président Macron pour que le rapatriement annoncé ait lieu.

Plus de navettes par bateau entre le Maroc et l’Espagne

Habitués à des vacances prolongées au Maroc en camping-car avec des amis de Ballersdorf, Marie-Rose et Raymond Behr, d’Altkirch, ont trouvé refuge dans un camping à Marrakech. Nantis d’un visa de tourisme de trois mois, ils avaient prévu de rentrer en France à la fin mars. Les « vacances » risquent de durer plus longtemps car « il n’y a plus de navettes bateau entre Tanger et Algesiras, en Espagne ». Le couple et leurs amis essaient de se rapprocher du port mais celui-ci est totalement fermé aux voyageurs.




Les Alsaciens sont nombreux à aller passer trois mois au Maroc où ils viennent par bateau avec leur camping-car.   DR

Et au-delà de Marrakech, « tous les campings sont pleins, avec des tas d’Européens ». Certains autour d’eux ont choisi de laisser là leur véhicule et de prendre le premier avion. Les Behr restent sur place, même si seuls les magasins d’alimentation restent ouverts. « On nous conseille quand même de ne pas trop sortir, on ne sait pas grand-chose sur le nombre de cas de coronavirus ici », ajoute Raymond Behr. Eux aussi sont passés au consulat d’Agadir où ils n’ont trouvé qu’une affiche sur la porte. Et au camping où ils ont pris leurs quartiers, « nous sommes des clients ordinaires » qui doivent prolonger leur séjour sans compensation. Heureusement, « on se connaît un peu », les Haut-Rhinois restent donc philosophes et patientent. Ensemble.

Huit heures d’attente au guichet d’easyJet à Marrakech

Eux ont eu plus de chance, in extremis. « Nous devions revenir le 14 mars à Bâle depuis Marrakech », explique un couple de retraités habsheimois qui était parti pour dix jours au Maroc. Mardi, alors que les deux vols sur lesquels ils avaient réservé étaient annulés et qu’on leur annonçait huit heures d’attente au guichet easyJet de l’aéroport de Marrakech, sans certitude d’obtenir un billet, ils ont fait appel à leur famille en France qui a trouvé deux billets depuis… Toulouse. Ils ont atterri mardi à Paris. « J’ai trouvé le personnel très courageux devant la foule de Français qui ne respecte rien », peste le Haut-Rhinois. « J’ai vu des femmes enceintes et des gens très malades. On ne se déplace pas quand on est très malade ! » Il relève aussi l’absence de réponse de l’ambassade et du consulat français au Maroc même si, pour lui et son épouse, le retour s’est bien terminé. « Au moins, on est à la maison. »

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